Le Chocolat dans tous ses états art de vivre à la francaise

Publié le 19-11-2011 | par Sulpice Debauve

0

Chocolat et art de vivre à la française !

L’article d’aujourd’hui dévoile une lettre de Paule Cuvelier, présidente de Debauve et Gallais.

Cette lettre écrite en juin 2008 est une vraie leçon d’art de vivre à la française : La France entre savoir-vivre et art de vivre…

« Il faut être clair, quand un français parle chocolat il parle un langage que seuls les amateurs éclairés comprennent car il y a le Chocolat, pur produit du génie artisanal français, produit rare qu’il faut chercher longtemps avant de  trouver et le chocolat, un produit banalisé, offert en quantités illimitées aux quatre coins du Monde …En effet si le Chocolat accompagne et fait partie de la vie du Français, comme le vin et la  Haute cuisine , il fait figure de privilégié dans un Monde qui cherche partout à imiter mais n’offre en fait que de pâles copies !

Nous entrons ici dans un univers d’initiés !Que d’ersatz ont reçu hors des frontières de l’Hexagone le qualificatif de Français, que de singeries se sont vu élever à la dignité d’Art de vivre à la Française…Mais qui peut savoir dans l’ignorance ? Il faut être humble et indulgent ! Peut-on demander à un palais français de pouvoir saisir tout le raffinement gustatif et olfactif d’une tasse de d’un de ses rares thés que seule la Chine sait produire ? Seuls parmi ceux qui ne sont pas nés sur le sol de la France, ceux que leur fortune a amené à Paris en ont découvert le vrai goût, la vraie qualité et, depuis, ne peuvent plus s’en passer.

Mais alors qu’elle est cette quasi « huitième «  Merveille du Monde ? Venu d’ailleurs le Chocolat a acquis ses lettres de noblesse en France avant de conquérir le Monde…mais celui qui a conquis le Monde c’est le chocolat , pas le Chocolat. Le Chocolat c’est un produit artisanal, c’est-à-dire fabriqué en petites quantités, encore parfois à l’unité, composé pour l’essentiel de cacao- et non de ce que nous appellerons des produits d’économie comme le lait, le sucre, la crème…mais en outre pas de n’importe quels cacaos  ,seulement  de cacaos de la meilleure qualité venus pour l’essentiel des terres d’origine du cacaoyer.

Aussi le Chocolat est-il et a t-il toujours été un produit de luxe aristocratique que seuls les plus fortunés peuvent s’offrir…le coût extrême des cacaos rares utilisés, le pourcentage de ces cacaos dans les bonbons, en général supérieur aux deux tiers, le coût des autres matières premières qu’il s’agisse du sucre de canne ou de la vanille en gousse, le coût de la main et du tour de main de l’artisan et de ses compagnons, excèdent souvent ce que l’on imagine.

Le Chocolat comme les meilleurs crus est né et est resté aristocratique. C’est sa nature, c’est son essence et c’est la raison de l’engouement de tous les connaisseurs !

En revanche le chocolat est populaire, il est né de la volonté de démocratisation de pionniers de l’industrialisation qui ont utilisé tous les leviers de la rationalisation pour offrir un produit à bas coût et à bas prix aux foules, produit qui a aujourd’hui fait le tour de la Terre.  Se faisant, de produit de santé aux vertus reconnues depuis des siècles, le Chocolat, breuvage des Dieux, est devenu le chocolat, pâle ersatz, pauvre en cacao gorgé de sucre, de crème, de lait….

Il s’agit bien de deux produits différents, à quoi bon argumenter, les connaisseurs d’aujourd’hui savent faire la différence, aucun d’eux ne s’en laisse compter, ceux de demain sauront dés le premier instant où ils auront goûté ! A la première bouchée l’homme de talent, au palais habitué aux saveurs exquises et délicates fera la différence, qu’il ose goûter et il ne pourra plus s’en passer… Nous avons toujours préféré la qualité au nombre des suffrages! Philosophie élitiste qui a satisfait les papilles des Rois et des Empereurs, qui satisfera les gourmets de demain  les plus exigeants !

Nos  visiteurs étrangers  les plus distingués et les plus fins l’ont immédiatement compris, le Chocolat est un produit à forte sensualité qui fait partie intégrante de l’Art de vivre à la française. Comment expliquer autrement ces commandes du Monde entier, provenant a delà des barrières culturelles d’homme politiques et d’artistes d’Europe, d’Amérique, du Moyen-Orient, d’Asie ? Celui qui est fou de Vodka et de caviar blanc, celui qui est fou de thés rares, celui qui crée et celui qui ordonnent aux foules, tous ont souvent en commun un sens exacerbé du beau et du bon.

En France manger et boire sont des arts majeurs, l’esprit national a toujours chercher à esthétiser toutes les fonctions naturelles car, tout bien considéré, l’homme et le singe ont le même besoin de se nourrir et de se désaltérer…l’art et la manière les distingueront. L’art comprend le goût, la capacité à prendre du plaisir aux multiples saveurs que nous offre la nature, mais sans jamais les dénaturer. L’esprit gastronomique français est aussi imprégné de pureté que notre esprit politique l’est d’égalité. Le Chocolat procède de cette démarche de recherche de la pureté et de la vraie authenticité des goûts .

Consommer du Chocolat s’est affirmer son appartenance à une élite, c’est faire savoir que l’on se place délibérément dans la ligne de l’héritage Français de savoir-vivre façonné au cours du Grand Siècle. L’aristocratie française s’est immédiatement entichée du Chocolat  et a su faire de ce  produit superflu – en dépit de ses indéniables qualités de santé – un must du savoir vivre : quand et à qui l’offrir, comment l’offrir, comment le boire ou le croquer… »

Paris, le 4 Juin 2008

Paule Cuvelier

Présidente de Debauve & Gallais




Partagez sur les réseaux sociaux :

TwitterFacebookGoogle PlusLinkedinPinterestemail


Auteur:

(1757-1836), ancien pharmacien du roi Louis XVI, il mit au point une nouvelle combinaison de cacao, de sucre de canne et de médicaments pour créer le premier Chocolat à croquer. Il facilita ainsi la reine Marie-Antoinette à prendre ses médicaments. La reine était si heureuse qu'elle appela ces chocolats en forme de pièces de monnaie des « Pistoles ». Debauve continua à créer une variété Pistoles de différentes saveurs pour la reine. En 1800, Debauve ouvre sa première chocolaterie sur la rive gauche de Paris et depuis nous perpétuons sa tradition: "Des chocolats délicieux mais avant tout bons pour la santé". Profil : Google +



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Back to Top ↑